La seconde surprise de l'amour - Utopia
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La seconde surprise de l’amour

TNP Villeurbanne - Du 9 au 19 décembre

La seconde surprise de l’amour

de Marivaux  / mise en scène Alain Françon

 

Une marquise, veuve inconsolable, fait la rencontre d’un chevalier contraint d’abandonner son premier amour, Angélique. Amoureux trahis et éplorés, ils se confient la douleur de leur solitude. Au fil de leurs échanges, quelque chose naît, quelque chose qui trouble et qui est loin d’échapper au regard de Lisette, la suivante, de Lubin, le valet, d’un comte épris de la marquise et d’Hortensius, un pédant féru de morale.

Quelques années après La Surprise de l’amour, Marivaux écrit en 1727 La Seconde Surprise de l’amour, dont l’objet est la négation même de cette surprise. Ne pas vouloir reconnaître l’amour quand il vous saisit, Marivaux s’en amuse avec malice et désenchantement. En signant cette variation, il se parodie et invite à jouer avec le théâtre et ses paradoxes. Il rit de l’amour qui se combat, des aveux retardés, des paroles qui démentent les sentiments. Et du désir, enfin, qui a toujours un coup d’avance.

Le piège tient au charme insidieux d’une mélancolie où se complaisent les protagonistes. Contrairement à Molière, Marivaux ne dresse pas d’entraves extérieures à leur amour. Pas de pères abusifs : l’obstacle ne se trouve nulle part ailleurs que dans le cœur des jeunes gens. Ce qui ne facilite en rien la tâche puisque toutes et tous, et derrière eux Marivaux, surenchérissent leurs difficultés. Et dans le labyrinthe qu’ils se façonnent, le langage a un pouvoir ambivalent. Chaque mot est susceptible de changer tout ce qui a été construit et la fierté menace sans cesse de se heurter aux sentiments. Ces personnages qui usent à loisir des sous-entendus, des non-dits et des circonvolutions linguistiques, aussi virtuoses soient-ils dans le maniement du discours, manquent cruellement d’adresse dès lors qu’il s’agit d’exprimer leur désir. Et pourtant, dans ce théâtre où la parole fuse et pétille, ce sont bien les échanges verbaux qui offriront le salut…

Metteur en scène incontournable du théâtre français, Alain Françon a dirigé le CDN de Lyon-Théâtre du Huitième de 1989 à 1992. Au TNP, il a présenté des textes d’Edward Bond, de Roger Planchon, d’Anton Tchekhov et plus récemment de Botho Strauss et d’Edward Albee. Il retrouve ici Marivaux, dont il avait monté La Double Inconstance en 1981. La Seconde Surprise de l’amour, conçue comme une délicate métaphysique du cœur, l’intéresse « parce qu’elle n’est qu’une forme entre autres de la surprise existentielle… ».

Category

Rhône, Théâtre