Théâtre Archives - Utopia
219
archive,tax-portfolio_category,term-theatre,term-219,ajax_fade,page_not_loaded,,select-theme-ver-3.1,popup-menu-fade,wpb-js-composer js-comp-ver-5.5.5,vc_responsive

Archive

Les frères Karamazov

Sylvain Creuzevault

d’après FÉDOR Dostoïevski • traduction André Markowicz

 

Et si le roman-fleuve de Dostoïevski était – entre autres – un polar ? Qui donc a tué le père ? Et pourquoi ? Et si tous étaient coupables ? Sous le récit, le clin d’œil de la farce et, tapies sous la farce, d’insondables questions métaphysiques… Mais, pour Sylvain Creuzevault, le rire de la bouffonnerie est bien là. Pour les douze acteurs tout feu tout flamme, c’est un formidable terrain de jeu !

Notre terreur, Le Capital et son singe, Angelus novus – Antifaust… le théâtre turbulent de Sylvain Creuzevault se construit avec sa constellation d’acteurs. L’humour magistral des Frères Karamazov leur ouvre le chemin d’un jeu survolté, débordant, farcesque. Parce que « le Russe rit très souvent où il faudrait pleurer », il faut savoir se moquer du désastre ! Dostoïevski est un continent que Creuzevault ne cesse d’explorer, acharné à en révéler toute son étendue : mise en question de Dieu, de la justice, de la grâce… et subtile mécanique du retournement. Les meilleures intentions engendrent parfois des catastrophes ! Le faux roman policier des Karamazov, qui s’enracine dans les questions existentielles, offre en surface des bouquets de rires auxquels il est difficile de résister.

0
0

Ana

L’amour, la violence, la tendresse, inextricables.

ANA, pour À nos amours, célèbre film de Maurice Pialat que transpose au théâtre le comédien et metteur en scène Laurent Ziserman. Un huis clos familial intense et physique, lauréat du Prix Célest’1 2019 – section Maquettes.

 

Un père. Une mère. Un fils. Une fille : Suzanne, 17 ans. Un jour le père meurt, brutalement, laissant Suzanne seule entre un frère autoritaire et une mère hystérique. Film culte du début des années 1980 ayant révélé l’actrice Sandrine Bonnaire, À nos amours nous plonge dans l’intimité d’une famille secouée par les tourbillons de l’amour, du deuil, de la violence, du désir. « À nos amours, mieux que tant de pièces à mon goût, propose une admirable et terrible dramaturgie des névroses familiales » déclare Laurent Ziserman, qui s’est inspiré de cette matière cinématographique intemporelle pour élaborer un spectacle vibrant de sensibilité. Ici, point de ressorts sentimentaux ou psychologiques. Mais des impulsions physiques qui donnent naissance à des scènes d’où semble jaillir toute la force de la vérité. Des coups, des cris, des pleurs, des rires… Et l’expression quasi-permanente de l’émotion. Une émotion brutale, inattendue, fulgurante. Comme dans la vie.

0
0

Contes et légendes

Joël Pommerat

 

Le conte théâtral de Joël Pommerat est un voyage dans le monde de l’enfance, d’adolescents qui traversent cette période de l’existence où se forment les identités sociales et sexuelles. Ils vivent dans un univers où l’apparition de «robots sociaux» crée un bouleversement considérable. Ces robots – imaginés au début du XXe siècle par l’écrivain de science-fiction tchèque Karel Čapek – se perfectionnent à grande vitesse pour devenir des sortes de clones humanoïdes, des compagnons avec lesquels il sera possible d’entretenir des relations d’égal à égal. Pour Joël Pommerat, il ne s’agit pas d’emprunter le chemin d’une critique angoissée d’un avenir où les robots deviendraient les maîtres du monde, mais de se questionner sur cette autre identité possible et sur ce qu’elle peut révéler à l’homme sur lui-même. Qu’est-ce que l’humanité «reconstruite», «artificielle», renvoie à l’humanité «naturelle» comme image d’elle-même ? Le plateau du théâtre devient le lieu des expérimentations, un laboratoire ludique où les hommes rencontrent leurs doubles technologiques, où tout devient possible, troublant, décalé, inquiétant mais séduisant, à la manière inimitable qu’a Joël Pommerat, magicien de la scène, de magnifier la réflexion intellectuelle par la beauté des formes.

0
0

Un monde meilleur

Benoît Lambert, artiste de la fabrique

L’espèce humaine peut-elle encore se donner les moyens de finir en beauté ?

 

Benoît Lambert entamait, il y a vingt ans, un feuilleton théâtral sur les grandes mutations du monde moderne. Il nous livre aujourd’hui le dixième et dernier épisode de cette chronique engagée, sous la forme d’un épilogue, dont il est l’auteur. À l’origine de ce nouveau projet, il y a le constat que la fin de l’humanité est devenue inéluctable dans un avenir assez bref. Avec un humour corrosif, Benoît Lambert explore les paradoxes de ce nouvel état de fait. Il y a ensuite l’envie d’inventer une partition sur mesure pour le comédien Christophe Brault – que le public stéphanois avait notamment pu applaudir dans le rôle truculent du présentateur de La Bonne nouvelle de François Bégaudeau accueilli à La Comédie en 2018.

À mi-chemin entre le seul en scène, la conférence et le portrait d’acteur, ils posent ensemble les jalons d’une réflexion passionnante sur l’histoire de l’humanité. Entre prise de conscience caustique et questionnements existentiels, un rare moment de partage et d’intelligence

0
0

L’homme qui tua Mouammar Khadafi

Superamas

 

Une performance qui mélange les genres, détourne les codes et brise allègrement les attendus de la représentation. Du spectacle hautement politique.

Un ancien officier de renseignement de la DGSE révèle à visage découvert, ce qu’il sait des véritables causes de la mort de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Son témoignage exceptionnel est recueilli en direct par le journaliste politique Alexis Poulin. Jamais auparavant, un ancien espion n’avait accepté de partager en direct sur un plateau de théâtre, la réalité des méthodes utilisées par les services secrets. Jamais non plus un témoin avec un tel parcours n’avait accepté de se soumettre – non seulement aux questions d’un journaliste – mais également à celles des spectateurs, dans un format qui s’apparente davantage à du « journalisme live », qu’à un spectacle proprement dit.

Avec L’homme qui tua Mouammar Kadhafi, Superamas et Alexis Poulin invitent le public à assister et participer à cet entretien inédit, qui lève à la fois le voile sur une profession qui suscite de nombreux fantasmes, tout en révélant au grand jour cette affaire franco-libyenne, un des secrets les mieux gardés de la 5ème République.

0
0

Antis

Julie Guichard / Perrine Gérard

Depuis l’avènement au pouvoir d’un nouveau gouvernement, cinq journalistes cherchent le sujet vendeur qui pourra satisfaire leur direction. La nuit, les agressions se multiplient. Certaines sont filmées par celles et ceux qui les commettent. Refusant d’y voir des faits isolés, l’équipe se lance dans une investigation sur les traces d’un réseau groupusculaire dont l’acronyme reste à déchiffrer. Une enquête dont ils ignorent la mesure.

Alors que se joue notre prochaine élection présidentielle, Julie Guichard et Perrine Gérard décryptent les mécanismes qui influencent les scrutins, avec une palpitante équipe de comédien.ne.s qui donne corps à cette dystopie. Questionnant avec force la banalisation des voix et des discours discriminants, elles brossent le portrait d’une société qui hésite entre révolte à venir ou résignation inconsolable.

0
0

Le Jeu des ombres – TNP

de Valère Novarina mise en scène Jean Bellorini

 

Orphée, c’est l’homme qui réenchante le monde, le transforme, l’émeut et le déplace. Par son chant et sa lyre, il attendrit les bêtes féroces, fait danser les arbres et pleurer les rochers, détourne le cours des fleuves. Il est l’artiste qui déchire le voile des conventions, des dogmes, celui qui pousse à questionner, à remettre en cause, à croire et ne plus croire. Un doute qui le conduit à commettre l’irréparable…

Poète amoureux des nuances infinies du Verbe, Valère Novarina retraverse ce mythe, à la demande de Jean Bellorini. Il imagine une communauté d’âmes en peine errant dans les Enfers, se souvenant de ce qu’a été la vie. Ces voix de damnés, insolentes et facétieuses, viennent réanimer l’espace vide. Entre l’inspiration de la prière et la véhémence du poème, son écriture est pleine de fantômes.

Les comédiens, musiciens et chanteurs réunis sur le plateau s’emparent de cette partition secrète. Morceaux d’humanité échoués, éclats de vie qui transpercent le vide, tous sont Orphée. Le monde brûle, l’univers se dérègle, les instruments sont fracassés, et pourtant le petit orchestre est là. Partout la vie réapparaît, le jeu renaît, la musique résonne. Avec joie et fureur. Leur parole est un chant, un sang qui circule. Elle est capable d’éveiller les sens, comme la musique. Plusieurs ritournelles ou chants de l’opéra de Claudio Monteverdi ont été transposés par Sébastien Trouvé pour la troupe, échos du récit d’amour d’Orphée et Eurydice.

Jean Bellorini a réuni ses collaborateurs artistiques proches autour de sa première création au TNP. Les comédiens et comédiennes ont tous été rencontrés au fil de ses aventures théâtrales. Thierry Thieû Niang orchestre la rencontre des corps, indispensable pour rendre compte de la dimension organique de l’écriture de Valère Novarina. Macha Makeïeff a imaginé des costumes chargés de vies antérieures, qui donnent du faste à ces personnages de l’ombre. Gageons que ce spectacle, qui célèbre l’art comme trait d’union entre la vie et la mort, réchauffera nos cœurs.

0
0

J’ai des doutes – Bonlieu Scène Nationale

THÉÂTRE / HUMOUR / MUSIQUE

FRANÇOIS MOREL

RAYMOND DEVOS

 

Qui d’autre que François Morel peut ranimer la flamme de Raymond Devos, monstre sacré de l’humour ? Partageons une nouvelle fois le bonheur de redécouvrir ses textes ciselés, ses petites fables loufoques. Inoubliable duo pour comédien et pianiste : un pur enchantement !

Chaque visite de François Morel est la promesse d’une saveur théâtrale savamment distillée. S’approprier sans trahir, servir les textes de Devos, fabuleux clown métaphysique, offrir au public ce rire qui s’empare de tout et s’étonne de l’étrangeté du monde. Tout en malicieuse délicatesse, avec l’essentielle complicité de son pianiste, Morel dégoupille le burlesque pour mieux en révéler la profondeur.
Du grand art, sans nul doute !

0
0

Bingöl Road trip – NTH8

BINGÖL, ROAD TRIP THÉÂTRAL

COMPAGNIE LES TROIS-HUIT

Avec musique, danse, vidéo et théâtre

Un jour tu comprends que ton deuxième pays, celui que tu n’habites pas mais

qui colore ton nom, devient une dictature.

Ton nom devient alors à lui tout seul ce pays, ce sombre inconnu,

cette menace autoritaire, ce mystère à dévoiler.

Ton nom devient l’énigme du spectacle.

Tu veux savoir ce qui t’échappe.

Toi qui ne parle pas un mot de turc, tu décides de partir à Bingöl.

Juste pour voir.

Questionner.

Tes origines.

Ta famille.

Les Turcs.

Et revenir.

Revenir pour relater ce voyage, témoigner et faire tournoyer ton corps avec les fantômes, les gens filmés, les paysages, les souvenirs, les questions résolues et celles restées en suspens, et danser, par-dessus tout, comme une sorcière-soufi-sacrilège, transformant ainsi Bingöl en une envolée poétique, esthétique, sociale, politique, personnelle, sensible, infinie.

A.B.

0
0

L’Avare – Comédie de Saint-Etienne

Molière / Benoît Lambert

artiste de la Fabrique / production créée à La Comédie

Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent

Benoît Lambert, tout nouveau directeur de La Comédie de Saint-Étienne, entretient avec Molière, un fidèle compagnonnage. Depuis Les Fourberies de Scapin qui fut l’un de ses premiers spectacles, en passant par Tartuffe et Le Misanthrope, le metteur en scène réaffirme son amour indéfectible pour cet immense auteur dont la langue, profondément vivante, constitue un formidable appel au jeu. Ce cheminement est pour lui indissociable d’une autre aventure, celle qui le lie au comédien Emmanuel Vérité, avec lequel il collabore depuis presque trente ans.

Dans cette comédie grinçante mue par une mécanique implacable, pas un seul personnage n’échappe aux brimades d’Harpagon et à son avarice. Étonnamment, c’est même comme si cette passion dévorante encourageait chez chacun.e, les plus viles médiocrités. Ce sentiment proprement cauchemardesque a inspiré au metteur en scène, l’envie d’aborder l’œuvre à la manière d’un petit conte horrifique et très drôle. Un clin d’œil indéniable à l’esprit de Jean Dasté, qui incarnait il y a précisément cinquante ans, ce même rôle pour sa dernière grande apparition sur la scène de La Comédie.

0
0

Hen

De Johanny Bert
Avec Johanny Bert, Anthony Diaz et les musiciens Guillaume Bongiraud, Cyrille Froger
Conception, mise en scène et voix – Johanny Bert

Issu de l’imaginaire du metteur en scène et marionnettiste Johanny Bert, Hen nous fait vivre une soirée joyeuse et provoquante. À la croisée des cabarets berlinois des années 1930 et de la scène queer contemporaine.

Son visage et son corps sont multiples. À la fois glamour et virile, crue et pudique, Hen (prononcer « heun », à l’instar du pronom personnel suédois utilisé pour désigner une personne de manière non genrée) ne se laisse enfermer dans aucune catégorie. Cette créature chimérique explore, en musiques et en chansons, les questions de l’identité et du genre. Ni travestie, ni transsexuelle, ni transgenre, elle se métamorphose au gré de ses envies, avec humour et insolence, revendiquant le droit de vivre en dehors des normes.
Constituée de mousse, de bois, de métal et de latex, cette marionnette exubérante est manipulée à vue par deux acteurs. Plurielle et transformable, elle nous invite à une soirée inspirée des cabarets berlinois des années 1930 ou de la scène performative queer actuelle. S’engageant pour une société moins discriminante, Hen affirme son parcours intime, sa différence sexuelle, sa liberté d’être, les identités variées qui composent son humanité.

Spectacle récompensé lors du Prix de la critique 2019/2020 : Mention spéciale – Spectacle Hors norme

0
0

Mobius

Une création de la Compagnie XY
En collaboration avec Rachid Ouramdane

Ce ruban de Möbius réunit dix-neuf circassiens plus virtuoses les uns que les autres, entraînés dans des boucles faites de variations, de déflagrations, de transformations incessantes, qui emmènent le spectateur dans une traversée émotionnelle époustouflante.

Les artistes acrobates de la compagnie XY sont voltigeurs et experts en portés et en vols fluides et tourbillonnants. Pour leur cinquième création, ils ont collaboré avec le chorégraphe Rachid Ouramdane. Inspirés par les nuées d’oiseaux qui semblent ne faire qu’un corps dessiné quand ils traversent le ciel, les acrobates volants de XY s’élèvent, se rattrapent, se rassemblent, se détachent, s’abandonnent. Il y a toujours une main tendue pour relever ou projeter ailleurs les partenaires de jeu qui surgissent dans un mouvement quasi permanent. Leur espace de jeu et leurs multiples talents permettent tous les jaillissements impromptus, les réactions en chaîne, les envolées vertigineuses. Les trajectoires complexes qu’ils exécutent sont d’une beauté saisissante, délicatement et méticuleusement organisées, magnifiquement soutenues par une musique ininterrompue.

0
0

La vie de Galilée

Mise en scène Claudia Stavisky / Texte Bertolt Brecht

 

Nous sommes en plein XVIIe siècle, le monde s’éveille à nouveau à la science. Après les grandes découvertes et l’épopée des marins héroïques, c’est l’univers infini qui s’ouvre sous les yeux et les calculs de Galilée, héritier d’une grande lignée d’astronomes. Le savant incarne, dans une fresque passionnante, le combat de la vérité contre l’obscurantisme et la puissance de l’Église. Philippe Torreton, acteur solaire et d’une justesse épatante, campe Galilée. Il lui offre une stature, une faconde, une ironie, une rudesse et une tendresse bouleversantes !

Claudia Stavisky, directrice du théâtre des Célestins à Lyon, s’empare du texte limpide de Bertolt Brecht écrit en 1938. Sa mise en scène, d’une grande sobriété, en révèle la richesse, la puissance et la contemporanéité. En développant la technique de la lunette astronomique, Galilée prouve que la Terre tourne autour du Soleil. Le monde est en train de changer mais le pouvoir religieux, qui plus est dans la pieuse Italie, ne l’entend pas ainsi et veut garder la main sur le Ciel. Entouré de dix comparses campant une quarantaine de personnages, le grand Philippe Torreton excelle à incarner cette lutte contre l’ignorance. Du grand art, sans esbroufe, profondément habité par des enjeux fondamentaux : ceux de la vérité et du savoir. Une jubilation !

0
0

La seconde surprise de l’amour

de Marivaux  / mise en scène Alain Françon

 

Une marquise, veuve inconsolable, fait la rencontre d’un chevalier contraint d’abandonner son premier amour, Angélique. Amoureux trahis et éplorés, ils se confient la douleur de leur solitude. Au fil de leurs échanges, quelque chose naît, quelque chose qui trouble et qui est loin d’échapper au regard de Lisette, la suivante, de Lubin, le valet, d’un comte épris de la marquise et d’Hortensius, un pédant féru de morale.

Quelques années après La Surprise de l’amour, Marivaux écrit en 1727 La Seconde Surprise de l’amour, dont l’objet est la négation même de cette surprise. Ne pas vouloir reconnaître l’amour quand il vous saisit, Marivaux s’en amuse avec malice et désenchantement. En signant cette variation, il se parodie et invite à jouer avec le théâtre et ses paradoxes. Il rit de l’amour qui se combat, des aveux retardés, des paroles qui démentent les sentiments. Et du désir, enfin, qui a toujours un coup d’avance.

Le piège tient au charme insidieux d’une mélancolie où se complaisent les protagonistes. Contrairement à Molière, Marivaux ne dresse pas d’entraves extérieures à leur amour. Pas de pères abusifs : l’obstacle ne se trouve nulle part ailleurs que dans le cœur des jeunes gens. Ce qui ne facilite en rien la tâche puisque toutes et tous, et derrière eux Marivaux, surenchérissent leurs difficultés. Et dans le labyrinthe qu’ils se façonnent, le langage a un pouvoir ambivalent. Chaque mot est susceptible de changer tout ce qui a été construit et la fierté menace sans cesse de se heurter aux sentiments. Ces personnages qui usent à loisir des sous-entendus, des non-dits et des circonvolutions linguistiques, aussi virtuoses soient-ils dans le maniement du discours, manquent cruellement d’adresse dès lors qu’il s’agit d’exprimer leur désir. Et pourtant, dans ce théâtre où la parole fuse et pétille, ce sont bien les échanges verbaux qui offriront le salut…

Metteur en scène incontournable du théâtre français, Alain Françon a dirigé le CDN de Lyon-Théâtre du Huitième de 1989 à 1992. Au TNP, il a présenté des textes d’Edward Bond, de Roger Planchon, d’Anton Tchekhov et plus récemment de Botho Strauss et d’Edward Albee. Il retrouve ici Marivaux, dont il avait monté La Double Inconstance en 1981. La Seconde Surprise de l’amour, conçue comme une délicate métaphysique du cœur, l’intéresse « parce qu’elle n’est qu’une forme entre autres de la surprise existentielle… ».

0
0

Straight

Texte de Guillaume Poix. Mise en scène Sylvie Mongin Algan – Compagnie Les Trois-Huit

PREMIÈRE CRÉATION THÉÂTRALE DU TEXTE EN FRANCE

Straight adj. mot anglais.

sens 1 : droit – exemple : la ligne droite, le droit chemin

sens 2 : dans les normes, par extension : « hétéro », en opposition à « gay »

Afrique du Sud, 2011. Alors que la « Nation Arc-en-ciel » de Mandela autorise depuis 5 ans déjà le mariage pour tous et toutes, les femmes lesbiennes sont victimes d’une pratique de torture endémique souvent accompagnée de meurtre : le viol correctif / corrective rape. Il est commis, selon les violeurs, pour rééduquer leurs victimes et les remettre dans le droit chemin : Straight.

C’est en 2018 et au Mexique, premier pays d’Amérique latine à avoir reconnu juridiquement le terme « féminicide », qu’a eu lieu la création mondiale de Straight dans sa traduction espagnole.

Mettre en scène Straight dans sa version française, ici et maintenant, c’est s’inscrire dans les inlassables luttes féministes et LGBT+, c’est célébrer les victoires obtenues, ailleurs, pour nommer et donner une existence juridique à ces crimes de haine : viol correctif, féminicide, violence de genre.

Sylvie Mongin Algan

REPRÉSENTATIONS bilingues adaptées EN LSF PAR LA COMPAGNIE ON OFF

0
0

Le TNP de Villeurbanne a 101 ans !

« C’est très curieux d’être jeune quand on est vieux. » Ce mot du philosophe Edgar Morin nous a semblé de mise pour ouvrir ce Centenaire. En effet, comment célébrer une histoire dont les premiers acteurs semblent appartenir à une époque révolue ? Comment rendre compte des évolutions, des révolutions parfois, accomplies par une institution phare du théâtre public sans en minimiser la complexité ? Comment, enfin, s’enrichir du passé pour réinventer nos métiers et nos arts aujourd’hui et demain ? La crise sanitaire est passée par là et notre centenaire est devenu un cent-et-unaire. Mais peu importe le nombre de bougies, l’essentiel est de mesurer le chemin parcouru et d’y trouver sa place, humblement, joyeusement. C’est dans cette envie que nous vous convions à deux semaines de festivités jalonnées par des rencontres, des lectures, deux expositions et quatre spectacles qui font résonner pour aujourd’hui cette idée, cet idéal sans doute, de théâtre populaire.

  • Inauguration du Centenaire

Jean Bellorini lancera le coup d’envoi d’une quinzaine placée sous le signe de la célébration du passé, de l’élan vers l’avenir, et qui marquera aussi nos retrouvailles.
jeudi 9 septembre 2021 à 17 h
Petit théâtre, salle Jean-Bouise

  • Dix rencontres

Des spécialistes, universitaires, témoins et artistes se retrouvent pour partager des pages de l’histoire du TNP.
Présentation des rendez-vous : L’histoire du TNP, d’hier à aujourd’hui.

  • Quatre spectacles

Ça ira (1) Fin de Louis, une création théâtrale de Joël Pommerat
Fahrenheit 451, d’après Ray Badbury, mise en scène Mathieu Coblentz
Les Trois Mousquetaires – La Série, d’après le roman d’Alexandre Dumas, mise en scène Clara Hédouin et Jade Herbulot Collectif 49 701
Et d’autres que moi continueront peut-être mes songes, textes Firmin Gémier, Jean Vilar, Maria Casarès, Silvia Monfort, Gérard Philipe et Georges Riquier, mise en scène, scénographie et lumière Jean Bellorini

  • Deux expositions

Ce soir, oui tous les soirs, exposition en collaboration avec la Maison Jean Vilar
100 ans d’histoire en sons éclairés, installation d’Agnès Pontier et Sébastien Trouvé

  • Et d’autres propositions

Une lecture avec le dispositif Les In-Ouïs et des projections organisées en partenariat avec l’Institut Lumière, Du théâtre au cinéma.

Toutes les infos sur le site du TNP >

0
0